La géopolitique des innovations disruptives

Notre approche consiste à lier percées technologiques et changements géopolitiques - deux domaines généralement pensés séparément et rarement par les mêmes personnes.  Notre mission est donc simple : prendre une innovation radicale ou potentiellement radicale, et mesurer son impact géopolitique. La technologie n'est pas neutre sur le plan géopolitique, la rapidité et l'ampleur des changements ne faisant que renforcer ce constat. 

La technologie – et ses usages – sont au cœur de la fabrique, la reproduction et la transformation de nos modes de vie.

 C’est à ce titre un enjeu essentiel pour les Etats, dont la position hiérarchique dans l’ordre international dépend de la possession ou du non-accès à un certain nombre de technologies critiques.  Dans un monde caractérisé par la volatilité, l’incertitude, la complexité et l’ambiguïté, il convient d’élaborer une nouvelle grammaire pour comprendre les évolutions internationales liées aux ruptures technologiques.

 

Notre approche est « géotechnopolitique », elle se consacre à l’étude de l’impact des technologies dans les rapports de force entre grands acteurs internationaux.

 

En premier lieu des Etats. La question technologique n’est donc pas seulement l’objet de l’ingénierie, elle est également un fait politique et géopolitique de première importance, au même titre que la disposition de ressources physiques. Celui qui tient la technologie définit le standard, établit des monopoles technologiques et dresse des barrières commerciales. 

L’essor technologique affecte et affectera l’ensemble des intérêts vitaux des Etats et des citoyens.

A titre d’exemples, on peut identifier les enjeux suivants :  - L’énergie : tout ordre mondial s’est institué et consolidé autour d’une organisation énergétique. La pax britannica est liée au charbon comme la pax americana au pétrole. Nos régimes politiques sont le fruit d’un système énergétique propre. Les énergies vertes, à travers le solaire, l’hydrogène, le lithium et le thorium, secréteront probablement un nouvel ordre mondial. 

L’ « homme augmenté » posera autant de défis technologiques qu’éthiques.

Le cyberespace il s’agit d’un Etat qui s’étend et qui s’approfondit ; Facebook, Google ou Huawei sont des « compagnies des Indes » modernes qui se proposent de connecter l’Afrique satellite, ballon captif ou câble. La souveraineté dépendra de la maîtrise des données, des équipements qui les produisent, les transportent, les traitent et les stockent ; demain, de nouvelles applications comme l’essor des cybermonnaies rendra encore plus fragiles nos économies. 

L’adoption de nouvelles combinaisons technologiques pourrait conduire aussi bien vers une amélioration du monde existant – énergies propres, lutte contre les pandémies – que vers un contrôle accru des individus.

 

La possibilité de sauts technologiques majeurs, enfin, n’est pas à écarter : le paiement par téléphone portable observé en Afrique de l’Est en est l’un des exemples les plus frappants – exemple important quand on sait que les estimations démographiques avancent que l’Afrique accueillera un tiers de l’humanité en 2100. La coexistence du ‘high tech’ et du ‘low tech’ enfin pourrait caractériser le monde qui vient.  


Engagements

L’humanité a su palier durant sa courte existence à quelques fragilités physiques par sa capacité à inventer et maîtriser l’outil, à externaliser sa pensée via des artefacts toujours plus subtils qui ont permis le développement spectaculaire et rapide des sociétés humaines et la survie de l’homme à lui-même. Toujours, le politique - ce qu’on a trouvé de mieux pour régir lesdites sociétés - a dû ou voulu intervenir par un rattrapage parfois habile souvent maladroit et inefficace pour comprendre et adapter la loi bien après une innovation donnée et son adoption par des usagers. Animés par une peur darwinienne salvatrice ou par des réactions raisonnées, fussent-elles raisonnables, les décisions politiques sont combinaisons d’actions, de passivité de réactions et leurs effets différentiels se trouvent bien documentés dans notre histoire commune et sont une information précieuse sur ce que nous pouvons faire mieux qu’hier ou modestement répliquer quand cela serait souhaitable.

 

Des cycles de rise & fall de différentes cultures et civilisations ont pu ainsi être observés, dans une dynamique extrêmement rapide, à différents points de la planète. Un jour berceau de la civilisation, la Mésopotamie d’aujourd’hui est devenu le tombeau de l’humanité. Un jour terre inexplorée, l’Amérique du Nord est devenue la 1ère puissance du monde mais le sera-t-elle encore demain ? Un jour inexistant, l’espace virtuel des géants sans terre, des multinationales sans territoire viendra-t-il supplanter notre référentiel inter-national basé sur des territoires et le modèle de l’Etat-Nation ?

 

Alors que le monde matériel autour de nous à chaque instant est d’une étrange stabilité, ce sont des millions de réactions, des chocs, des unions et désunions détruisant des liaisons entre atomes qui rythment le monde physique de l’infiniment petit pour l’œil humain. L’homme a créé assez de raffinement pour observer quasiment à temps réel ce type d’activité « invisible » qui sous-tend notre monde perçu bien différemment dans notre expérience consciente.

 

Pourtant, si la science fondamentale a su créer ces conditions, il en est tout autre des sciences dites humaines (doivent-elles encore être distinctes, doit-on toujours opposer le monde du littéraire et du scientifique ?). Encore aujourd’hui, aujourd’hui plus que jamais, le monde peine à résoudre les conflits qui animent la planète, et quand bien même la connaissance existe et est disponible au plus grand nombre et de manière ubiquitaire, il nous est difficile de prévoir et de nous adapter en conséquence au monde de demain tel qu’il sera construit par l’innovation d’aujourd’hui.

 

Fort de ce double constat, celui positif de l’existence de données tangibles sur l’innovation et la création en gestation ou en développement, et celui plus mitigé de l’impuissance du politique à anticiper les changements géostratégiques à venir majeurs à venir, le think-tank Variations se donne pour objectif de comprendre et d’analyser l’innovation humaine et ses conséquences volontaires (intelligence artificielle, économie de la mobilité verte…) et involontaires (conséquences du réchauffement sur les voies maritimes, réduction de la biodiversité par l’activité industrielle…) pour en comprendre les effets sur la gouvernance globale. J’ai choisi de nommer cette initiative inspirée par le variations Goldberg de Johann Sebastian Bach. Cette œuvre longue est un défi pour l’interprète, un travail d’ascèse et de longue haleine, car il n’y a que par le travail que l’expression publique peut un jour mériter de trouver audience.

 

"C’est notre volonté : celle d’un travail de fond anticipant toute communication hâtive. Par ailleurs, cette composition est formée d’un aria, un thème comprenant en soit 32 mesures qui seront déclinées elles mêmes sous forme de 32 pièces, avec un canon toutes les 3 variations. Ainsi, les variations Goldberg comme le monde des hommes est fait de variations et de règles immuables à la fois, de cette marge de liberté qu’on appelle libre arbitre et qui n’empêche pas le constat de l’univers déterminé dans lequel nous vivons. Enfin, avec cet aria, ces 30 variations et la ré exposition de l’aria, les variations Goldberg sont un cycle, comme modestement nous devons dresser le constat que les avènements de dirigeants, de cultures et de modes le sont."

 

Joachim Son-Forget

co-président de Global Variations

 

Comment influer sur l’innovation par les outils du multilatéralisme ou la coopération public-privé pour en rediriger les effets bénéfiques au profit de tous ? Comment empêcher et rattraper par une innovation dirigée à bon escient les effets involontaires d’activité humaine mal pensée et délétère à l’humanité entière ? A l’heure où le monde est plus connecté que jamais, où désastres planétaires artificiels ou naturels coexistent, où la sécurité et le confort des uns n’est qu’un miroir étroit masquant le désespoir de tant d’autres, la connaissance n’a jamais été si aboutie et si prometteuse par ailleurs. Pour que demain nous ne soyons pas simplement les victimes de cycles faits de hauts et de bas et revenant à l’infini, Variations propose de comprendre l’innovation pour en comprendre les conséquences et en faire réellement la chance pour l’humanité d’être plus unie et prospère que jamais en adéquation avec l’environnement avec lequel elle co-organise sa survie.

 

Cette réflexion a pour but de tisser des ponts et de valoriser l’expérience du politique, celle de l’investisseur, de l’entrepreneur, et du créateur. Combien de scientifiques n’ont pas la vision de porter leur idée et leur recherche au plus haut niveau de développement comme les inventeurs d’antan, quand la cible est devenue celle de publier dans des revues classées par les pairs, afin de calibrer la réussite académique et les échelons à gravir ? Combien de politiciens voient leurs idées évoluer rapidement affectés par les émois des réseaux sociaux ou de visions électoralistes à court terme et dans un espace géographique contraint, celui d’un pays ou d’une circonscription ? Combien de financiers et d’investisseurs n’ont pas encore vu venir le monde de demain qui verra s’écrouler la gestion discrétionnaire et où savoir investir juste demande les connaissances géopolitiques les plus fines et les plus visionnaires ? Combien de créateurs de génie n’ont pas les moyens de transformer leurs idées en initiative concrète ? Trop, dans tous ces cas de figures.

 

L’expérience transversale développée par les membres de variations a pour objectif d’influer en profondeur sur la connaissance et maîtrise de ces sujets pour les Etats et les entreprises ainsi que pour tout un chacun, car être victime de l’actualité sans en comprendre les tenants et aboutissants et les issues possibles à toute situation est profondément dé-sécurisant.


Equipe

Global Variations est un think-tank visant à étudier les effets géopolitiques des innovations disruptives. 

Il est co-présidé par Christian Dargnat, ancien Directeur Général de BNP Paribas Asset Management et Joachim Son-Forget, Député français et docteur en sciences cognitives. Il a été co-fondé avec Laurent Naves, ancien conseiller du ministre Jean-Yves Le Drian, Florent Parmentier, directeur du Laboratoire d’innovations publiques de Sciences Po, Thomas Bajas, analyste financier et Emeline Ozhan, analyste quantitatif.

Fondateurs

Christian Dargnat

Président France

Christian Dargnat est Consultant indépendant en Economie,Finances et Géopolitique. Maître de conférences à Sciences Po sur les thèmes relatifs à la Geoéconomie. Christian fut Directeur Général de BNP Paribas AM de 2006 à 2016 et Président de l’Association Européenne de la Gestion d’Actifs de 2011 à 2015. Christian est titulaire d’un DEA en économie et finance internationale de l’Université de Paris Dauphine, parle anglais et italien et fut athlète de haut niveau en course à pieds, sur la distance du marathon.

Joachim Son-Forget

Président Suisse

Joachim Son-Forget est le député pour la sixième circonscription des Français de l’étranger. 

Médecin radiologue de profession, il s’illustre en 2009 auprès de la diplomatie française comme analyste politique dans le cadre de son engagement humanitaire au Kosovo.

Joachim Son-Forget est titulaire d’un master en sciences cognitives de l’Ecole Normale Supérieure de Paris qu’il obtient en 2007 en parallèle de son diplôme de docteur en médecine, délivré par l’Université de Lausanne. En 2008, il obtient également sa thèse en sciences de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne.

Florent Parmentier

Vice Président

Florent Parmentier, dirige le Laboratoire d’innovations publiques de Sciences Po. Chercheur-associé au Centre de géopolitique de HEC,docteur en science politique, invité aux universités de Beida (Pékin) et Fudan(Shanghai), il enseigne sur les sujets liés à la géopolitique, à l’innovation et à la prospective. Co-fondateur du site eurasiaprospective.net, il a conseillé et écrit des rapports pour des institutions européennes et françaises, ainsi que des think-tanks. 


Thomas Bajas

Vice Président

Intéressé par les innovations technologiques depuis son plus jeune âge, Thomas a toujours essayé de réfléchir aux impacts qu’elles pourraient avoir sur les groupes humains – parfois en y passant des nuits blanches, à essayer d’y trouver des solutions pour tous les maux de l’humanité. Voilà deux ans qu’il s’intéresse tout particulièrement à la blockchain et aux énergies renouvelables – pensant qu’elles peuvent changer la vie d’un nombre quasi-infini de personnes de par le changement de paradigme qu’elles entrainent. Étudiant en finance, il est passionné par les enjeux de géopolitique modernes – relation entre États, entreprises, partis politiques et société civile. 

Emeline Ozhan

Secrétaire Générale

Emeline Ozhan est analyste financier spécialisée en mathématiques appliquées. Titulaire d’un master en Mathématiques financières de l'université Panthéon-Sorbonne qu’elle obtient en 2014 à la suite des ses études en Finance à l'université Paris Dauphine et de sa licence en Economie de l'université d'Orléans, Emeline est également collaboratrice parlementaire pour les Français de Suisse - pays ou elle vit depuis 2015 - et du Liechtenstein. Passionnée par les langages de programmation et l'algorithmique, elle porte un regard technique sur les nouvelles technologies étudiées par l'initiative Global Variations.

Laurent Naves

Trésorier

Laurent Naves est conseiller en communication et en relations institutionnelles. Diplômé en droit des affaires et management-gestion, il se passionne pour l'innovation au sein de la Silicon Valley à Palo Alto, lieu d'où il analyse au plus près les dernières tendances entrepreneuriales pour le compte d'EDF de 2011 à 2013. Ses quatre années de conseiller auprès du ministre de la Défense puis du ministre des Affaires étrangères lui ont permis de lier son intérêt personnel pour les crises géopolitiques internationales et son goût de l'action politique.


Direction

Jérôme Berthier

Directeur Exécutif Suisse

Jérôme Berthier est diplômé de l'école polytechnique de Grenoble et de la business School de Lausanne, l’un pour son diplôme d’ingénieur en informatique et l’autre pour son MBA en management d’entreprise.

Il est expert en Intelligence artificielle et Big data et dirige un département de Data Scientiste et Business Intelligence pour la plus grosse société IT indépendante Suisse,  de plus il est en charge sur centre d'innovation de cette même société au sein de l'EPFL et collabore sur le vaste programme Center For Digital Trust.

Par son retour d'expérience sur des cas réel d’implémentation de projets Big Data et intelligence artificielle,  il est souvent amener à publier des articles ou solliciter pour animer des conférences sur le sujet.

Thomas Cibils

Business Analyst


Cercle d'experts

Vincent Berthet

Expert Etudes Prospectives

Vincent Berthet est professeur assistant en sciences du comportement a l'Université de Lorraine et chercheur associe au Centre d'Economie de la Sorbonne. Il est titulaire d'un doctorat en sciences cognitives et de l'Université de Nancy II et d'un master en Sciences Politiques de Paris I Panthéon-Sorbonne. Il a travaille en post-doctorat comme chercheur a l'Ecole Nationale Supérieure (Ulm), puis a rejoint le cabinet du ministre de l'Education comme conseiller scientifique.  

Pierre Manenti

Expert Transformation Digitale

Pierre Manenti est ancien élève de Sciences Po et de l’Ecole Normale Supérieure. Auteur d’un livre sur la blockchain, il travaille depuis plusieurs années sur les problématiques de transformation digitale. Spécialiste du numérique et de l’environnement, il est aujourd’hui employé au Sénat, comme conseiller de groupe.



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Global Variations est un think-tank visant à étudier les effets géopolitiques des innovations disruptives.